La musique adoucit les moeurs selon les philosophes de l’Antiquité. Elle adoucit l’humeur selon la science moderne.
La musique était, pour Platon et Aristote, un purificateur d’âme destiné à éduquer l’être humain. Comment ? En l’incitant à mener une vie vertueuse, exempte de tous vices. De toutes évidences, Aristote et Platon n’avaient pas vu venir le slow, le zouk, la salsa, la kizomba, la bachata, Marvin Gaye, Barry White, Madonna, Gainsbourg, Franky V… Aujourd’hui, ces deux grands penseurs doivent se retourner dans leur tombe.
Si, au-delà des portes de l’église, la musique n’est plus considérée comme garante de la vertu humaine, certains rythmes conservent néanmoins des vertus thérapeutiques capables de réguler l’humeur, apaiser la douleur et doper le cerveau, allant jusqu’à retarder les troubles de la mémoire. Qu’elle soit stimulante ou apaisante, la musique est une douce thérapie reconnue par la science, l’Organisation des Nations Unies, les acteurs économiques, vous et moi.
Le 20 mars 2015, Journée Mondiale du Bonheur, l’ONU diffusait « la playlist qui rend heureux » au terme de son challenge #HappySoundsLike (Le bonheur sonne comme) qui généra plus d’un million de contributions à travers le monde dont celles de célébrités, parmi lesquelles Charlize Theron, Michael Douglas, Angelique Kidjo, James Blunt, Idris Elba, David Guetta, John Legend et Pharrell Williams.
Dans ce grand mix participatif, un titre est arrivé en tête de classement. Et la chanson la plus joyeuse du monde est… (roulement de ka !) :
Avec ce titre, l’avenir du jeune Stevie Wonder était signé, scellé, affranchi, à tout juste 20 ans. Signed, sealed, delivered resta longtemps en tête des charts, se vendit à plus d’un million d’exemplaires dans le monde, fut nominée deux fois aux Grammys et devint l’hymne de campagne de Barack Obama.
En 50 ans, le titre ne prend pas une ride, inspirant au fil des années de nombreux artistes, toutes générations confondues.
Non, ne zappe pas trop vite ! Si tu es un puriste ou insensible au charme des Blue (pas Boys Band-able, tu dis ?), attend quelques secondes les featurings des deux monstres sacrés que sont Stevie Wonder et Angie Stone (qui ont l’air de se demander ce qu’ils font là). OK, on n’est pas dupe : c’est un coup marketing pour séduire les parents en même temps que leurs djeunes. Mais voyons le positif : cet arrangement pop-soul-funk est plutôt rafraîchissant et entraînant. Même s’il n’a pas la hauteur de la version originale, on se surprend à hocher la tête et les épaules en cadence. Donc, scroll up et laisse une chance à cette cover avant kiffer la meilleure version instrumentale.