Entre 8 et 11 millions de Français aident un proche en raison de sa santé fragile, d’un handicap ou de l’âge. Cette assistance, souvent perçue comme évidente par les aidants, constitue une forme de solidarité privée indispensable pour le maintien à domicile des personnes en situation de dépendance ou atteintes de maladies graves. Bien que cette aide soit comparable au travail domestique, puisqu’elle est non rémunérée et pourrait être remplacée par des services professionnels, elle est souvent occultée dans les débats sur les coûts économiques de la dépendance. Néanmoins, des recherches permettent d’évaluer son importance économique. Une étude basée sur les données de 2001 a estimé que l’aide apportée par les proches à des personnes âgées dépendantes représentait une valeur de 5,8 à 6,6 milliards d’euros, calculée sur la base du Smic. Un rapport de 2011 du Haut Conseil à la famille a évalué cette contribution à 7-11 milliards d’euros pour le seul soutien aux personnes âgées. En ajoutant l’aide aux personnes handicapées ou malades, l’apport total des aidants pourrait s’élever à 12-21 milliards d’euros. Toutefois, ces chiffres ne tiennent pas compte des impacts de l’aide sur la vie professionnelle et la santé des aidants, qui peuvent subir des pertes de revenus et des dégradations de leur propre état de santé.
Entre 8 et 11 millions de personnes en France apportent leur soutien à un proche en raison de son état de santé, de son handicap ou de son âge. Cette aide, souvent perçue comme naturelle par les aidants, relève de solidarités privées et constitue un apport crucial dans la prise en charge des personnes handicapées, dépendantes ou atteintes d’une maladie invalidante. Cette assistance s’inscrit dans la catégorie du travail domestique, c’est-à-dire un service non rémunéré, nécessaire au foyer et pouvant être remplacé par un service marchand. Sans les proches aidants, de nombreux services devraient être achetés pour assurer cette prise en charge. Cependant, lorsqu’on examine les conséquences économiques de la dépendance, cette aide apportée par les proches est souvent peu prise en compte, en raison de l’absence d’échanges monétaires significatifs entre aidés et aidants. Pourtant, plusieurs études permettent d’estimer la contribution des proches aidants. Une étude basée sur l’enquête Handicaps-Incapacités-Dépendance de 2001 évalue l’aide des proches aidants pour les personnes âgées dépendantes entre 5,8 et 6,6 milliards d’euros. Cette estimation est obtenue en valorisant les heures d’aide à hauteur du Smic horaire. De même, un rapport de 2011 du Haut Conseil à la famille a estimé l’aide apportée par les proches des personnes âgées dépendantes entre 7 et 11 milliards d’euros. Ces estimations ne concernent que les aidants des personnes âgées dépendantes, alors que 49% à 43% des aidants soutiennent une personne handicapée ou atteinte d’une maladie invalidante. Si l’on suppose que leur charge est similaire, il faudrait ajouter entre 5 et 10 milliards d’euros à ces estimations, pour un total compris entre 12 et 21 milliards d’euros. Cette estimation ne prend toutefois en compte qu’une partie des coûts liés à l’aide, puisque l’aide apportée à un proche peut aussi avoir des répercussions sur la participation au marché du travail et la santé des aidants.